Peur de l'enfant

L'enfant va traverser plusieurs périodes de peur qui sont normales dans son développement :
- Aux alentours des 8/12 mois, il va vivre l'angoisse de séparation. L'enfant se rend compte qu'il existe par lui-même. Quand son parent part, il pense qu'il a disparu. Il doit apprendre que la personne ou l'objet qu'il ne voit plus continue d'exister.
Il commence également à bien reconnaître les personnes qui l'entourent et peut avoir du mal d'aller vers d'autres adultes qu'il ne connaît pas, c'est la peur de l'inconnu.
- Vers 2 ans, l'enfant commence à avoir peur dans le noir. Ce n'est pas le noir en lui-même qui lui fait peur, mais ce que le noir génère : séparation d'avec les parents, perte de repère dans l'autonomie qu'il a acquise. De plus, à cet âge l'imaginaire se développe et ce moment de l'endormissement où le cerveau repasse en revue le vécu de la journée est propice à laisser vagabonder l'imaginaire : une ombre, un bruit peut prendre rapidement la forme de créatures à la fois étranges et méchantes.
- A partir de 5 ans l'enfant prend conscience de certaines difficultés qu'il vit, qu'il voit, qu'il entend et peut se les approprier (peur des méchants, des accidents, d'être rejeté, d'avoir mal...). L'enfant peut voir ou entendre des drames au JT qu'il va garder pour lui et ne pas oser ou savoir en parler ce qui peut générer des peurs, voire même des angoisses.
La peur est comme une alarme qui sert à nous protéger d'un danger. On réagit instinctivement par la fuite, l'attaque ou la sidération.
Il est donc important d'en tenir compte, de l'accueillir, de la traverser en accompagnant l'enfant. Sa peur, qui peut nous paraître démesurée pour nous adulte, est bien réelle pour lui.
La peur, quand elle survient lors d'un changement important peut cacher un besoin à combler (par exemple le besoin de sécurité lié à la peur de l'échec, de l'inconnu.. ) qu'il est important de discerner.
Il est de la responsabilité de l'adulte d'accompagner l'enfant en lui faisant exprimer ce qu'il ressent ou exprimer à sa place ce qu'il pourrait ressentir, s'il est trop petit pour le verbaliser.
Par exemple pour la peur du chien, il peut y avoir la peur que le chien le morde, lui saute dessus, lui coure après, le lèche... Sa peur est légitime !
En lisant des histoires "qui font peur", l'adulte va aider l'enfant à faire la différence entre le réel et l'imaginaire.
Plus l'enfant arrivera à vaincre ses peurs, plus il prendra confiance en lui et renforcera son courage. Au contraire, si on lui dit "tu n'as pas besoin d'avoir peur, il n'y a pas de danger" ou "à ton âge, tu ne devrais pas avoir peur", il aura l'impression que sa peur est minimisée, pas entendue et pourra même se renfermer sur lui-même et développer du stress, des phobies...
La peur chez l'enfant est donc inhérente et utile à son développement. Cependant, l'enfant ne doit pas rester seul sans la verbaliser, sans être soutenu, sans être accompagné dans cet apprentissage. Avoir peur n'est pas une honte, on ne devient pas un "super héros" en minimisant les peurs. Les regarder en face et les affronter de manière adapté va permettre à l'enfant de grandir dans un environnement sécure.



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